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Horaire de travail: la flexibilité deviendra-t-elle la norme ?

Le 1 septembre 2014 à 4h00 / Denise Proulx / Argent

http://argent.canoe.ca/nouvelles/horaire-de-travail-la-flexibilite-deviendra-t-elle-la-norme-1092014

Les Québécois travaillent moins que les autres Canadiens, quoiqu'ils passent 10% plus de temps au travail, qu'il y a trente ans. Ils sont des milliers à réclamer un horaire flexible qui inclut la possibilité de travailler de leur résidence. À la veille de la rentrée d'automne, assistons-nous à l'émergence d'une nouvelle ère des loisirs ?

En effet, selon Statistique Canada, entre 1976 et 2012, le nombre d'heures travaillées par les Canadiens a diminué de manière significative pour les hommes, passant à une moyenne de 36,6 heures par semaine, soit environ une heure et demie de moins qu'il y a 36 ans. Quant aux femmes, elles travaillent toujours autour de 33,2 h/semaine.

Ce sont les salariés de l'Alberta qui sont les plus travaillants, avec 39 h par semaine, comparativement à ceux du Québec qui bossent en moyenne 35,4 heures. Quant aux jeunes de 15 à 24 ans, ils sont au boulot en moyenne 28,3 heures par semaine, soit environ dix heures de moins que leurs aînés de 25 à 54 ans. Enfin, les personnes âgées de 65 ans et plus consacrent encore 31 heures par semaine au travail.

« Le nombre d'heures travaillées augmente en effet, cependant la flexibilité du travail dans le temps se développe beaucoup. C'est une sorte d'échange : on travaille plus du fait de la globalisation et parce que les technologies portables le permettent, mais on demande à pouvoir gérer soi-même la façon dont on organise l'interface entre vie professionnelle et vie personnelle », observe Ariane Ollier-Malaterre, professeure au département d'Organisation et de Ressources humaines, à l'École des sciences de la gestion de l'UQÀM.Manon Daigneault

« Les jeunes veulent travailler, mais avoir aussi un emploi valorisant. Ils ont à cœur d'avoir un équilibre de vie et surtout de ne pas reproduire le modèle de leurs parents. Ça a un impact direct sur les autres générations, dont les pré-retraités qui réclament eux-aussi du temps flexible, pour d'autres raisons », ajoute Manon Daigneault, associée-consultante pour la firme Réseau DOF.

Horaires flexibles

Carlos Slim, le premier milliardaire de la planète, déclarait il y a quelques semaines que tous les travailleurs devraient profiter d'une semaine de trois jours, à raison de 11h par jour, mais qu'ils devraient travailler jusqu'à l'âge de 75 ans.

Dans certains pays d'Europe, l'horaire de travail sur quatre jours est la norme. Ainsi, au Pays-Bas, 86% des employés profitent d'un emploi réparti sur quatre jours par semaine et 12% de la population travaille moins que 34 heures durant leur semaine.

Les salariés trouvent un énorme avantage de dégager un jour dans la semaine pour s'occuper de la logistique familiale et libérer la fin de semaine, reprendre des études ou un projet personnel qui leur tient à cœur.

« Par contre, le travail flexible comporte un inconvénient non négligeable : l'intensification du travail, le fait de devoir produire plus vite, de façon plus efficace donc avec moins de pauses et de moments de socialisation avec les collègues. C'est une possibilité de stress accru », ajoute Ariane Ollier-Malaterre.

Adaptation des employeurs

Pour les employeurs, des employés qui prennent des habitudes de travail plus efficaces et qui sont satisfaits de leur arrangement de travail, sont souvent plus impliqués au travail et moins susceptibles de quitter l'entreprise. Mais l'organisation du travail n'est pas toujours simple.

« Ça prend une volonté de voir et de faire autrement. Et établir un nouveau dialogue entre les employeurs et leur personnel », avoue la consultante Manon Daigneault.

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