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La crédibilité:
un atout insoupçonné en entreprise

Vous êtes-vous jamais demandé si votre crédibilité aux yeux des autres pouvait être un atout dans la sphère professionnelle? Mais d’abord qu’est-ce que la crédibilité et pourquoi la développer? Les réponses de René Desharnais, consultant Québécois.

Par A.D-F, Le Journal des Grandes Écoles, mai 2011

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Comment vous êtes-vous intéressé à la crédibilité dans la sphère professionnelle?

Il y a 15 ans, une banque a fait appel à notre cabinet pour monter une formation sur ce thème. Une de ses équipes de conseil, faute de crédibilité, n’avait aucune influence dans l’organisation. Ça été une demande magique et le début d’une série de formations, articles, conférences et aujourd’hui un livre.

A t-on conscience de la nécessité d’être crédible?

Deux types de personnes peuvent se priver de crédibilité : les autoritaires qui ont impact en donnant des ordres et en menaçant, et les narcissiques qui ne peuvent s’imaginer qu’on ne leur accorde pas une crédibilité. D’une manière générale, les gens n’ont pas une conscience claire de ce qu’est la crédibilité. Pour beaucoup elle tient dans le fait d’être expérimenté, bien diplômé. Elle est souvent considérée comme secondaire à la qualification formelle ou au statut hiérarchique. Or, la crédibilité c’est la valeur attribuée par les autres avec leurs critères.

Pourquoi la gérer?

La crédibilité est un avantage extraordinaire. Ainsi, la fidélité des clients à une marque ou une entreprise est très liée à la crédibilité qu’ils lui donnent. C’est la même chose pour une entreprise qui souhaite attirer puis fidéliser les talents, elle doit être crédible pour être un employeur de choix. Une entreprise crédible obtient aussi plus facilement une ligne de crédit auprès de sa banque. Les exemples des bénéfices de la crédibilité sont innombrables.

Qu’en est-il au plan individuel?

Une personne crédible en retire aussi de nombreux avantages : une capacité d’influence, une marge de manoeuvre dans son travail et ses décisions, cela lui permet de gagner du temps, d’être écoutée, d’amener le changement plus facilement.

Les gens gèrent-ils leur crédibilité?

La plupart le font intuitivement… ou jamais! Par exemple, lorsque quelqu’un prend un nouveau poste, ce n’est pas parce qu’il a été sélectionné qu’il est crédible aux yeux de l’équipe. Il doit donc commencer par identifier auprès de qui il a intérêt à être crédible : collègues, employés, patron, syndicats, clients. Tout dépend aussi de la manière dont il considère son rôle. Ainsi un professeur peut penser qu’il transmet ses connaissances aux élèves en tant que maître. Il se place alors en posture narcissique, ne cherche pas à connaître leurs attentes. Or, la crédibilité se construit sur la perception des autres.

Comment la construire?

D’abord identifier auprès de qui j’aurais avantage à être crédible. Puis décoder ses critères de crédibilité lorsqu’il parle d’une autre personne, évoque une situation ou une expérience. On peut s’informer sur ses critères auprès de son entourage ou lui poser directement la question : je suis nouveau dans votre équipe, pouvez-vous me parler de vos valeurs, de vos attentes que je puisse me positionner. Cela montre aussi votre volonté de faire bien. Lors d’un voyage à Paris, je suis allé trois fois dans un restaurant. Le patron m’a demandé pourquoi, en fait il me demandait mes critères de crédibilité pour son établissement. Il est également possible d’influer sur les critères de l’autre pour être évalué sur des critères qui nous semblent plus sains ou plus nobles. Si les critères de l’autre posent problème, c’est une belle indication pour aller s’épanouir ailleurs! Il est important de savoir à quels critères on souhaite correspondre, ne pas perdre son âme. Mais renoncer à la crédibilité, c’est aussi renoncer aux bénéfices qui vont avec… Il s’agit donc d’un choix personnel.


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